One person

Le sens de la mesure

Publié en février 2022 à l'occasion de la Limited Edition Art Fair 2022, Villa Empain, Bruxelles

Janvier 2022, ambiance pass sanitaire, omicron. Je ne peux plus sortir de mon salon. Tout le monde s’exprime à la télévision. On fait dire aux chiffres des oraisons. Chacun s’exprime en son propre nom. On tente de faire entendre aux enfants du peuple la raison. Tout cela avec force explications. Et cela vaut pour toutes les filles et garçons. Pas sûr que tu y parviennes comme ça mon Macron. Tu as négligé la candeur dans le fond. Et puis on dirait que les éléments séparés de cette édition. Font à d’autres œuvres côtoyées comme une décoration. Un commentaire, une légende, une remise en actions. C'est comme ça que cela fonctionne cette proposition. 

YOU KEEP ME UNDER NO SMELL / How to make sense without you?

Publié en novembre 2021

Editrices Margherita Falqui, Marina Marques et Silvia Marchese

Le collectif Curatela Placebo, formé durant les premiers mois de la pandémie, dans le contexte du département arts visuels de la IUAV de Venise, et composé de Margherita Falqui, Marina Marques et Silvia Marchese, a conçu et produit une édition prenant la forme d'un kit de premier secours. L'édition intègre les contributions de Enrico Boccioletti, Francesco Fazzi, IOKOI, Mariko Hori, Maria Electra Pacini, Raffaella Naldi Rossano, Nuvola Ravera, Margherita Soldati, Marco Sgarbossa, Michele Tiberio & Diletta Tonatto, Stefania Zanetti & Matteo Bellomo. Ma contribution personnelle tient en une liste de ce qui constituerait, selon diverses convictions personnelles et/ou populaires une "Belle mort" et une liste de ce qui serait au contraire "Une mort stupide". 

Le texte de présentation de l'édition, dans son ensemble, rédigé par Curatela Placebo est le suivant : 

"Au fil des derniers mois, nous avons conduit ensemble une recherche sur un phénomène spécialement actuel : la perte du sens de l'odorat, causée en particulier par le covid. La perte de l'odorat n'est pas un thème, c'est un symptôme: il signifie perdre le contact avec une réalité invisible qui entoure les choses que nous avons autour de nous. C'est perdre la confiance dans sa propre intuition. Cela nous intéresse aussi compte tenu du peu de considération qui est réservée socialement à l'odorat, et du fait de la situation dans laquelle nous nous sommes dernièrement retrouvés, fait d'isolement, non seulement physique, mais aussi sensoriel.  

Ainsi naît notre projet collectif Curatela Placebo, en lequel nous opérons comme groupe d'éditrices et de curatrices, au travers d'une action de commissariat qui est aussi une action curative, et qui aspire à raconter et communiquer la perception olfactive et l'expérience de sa perte dans le temps contemporain: ce par cette édition, ou exposition en kit YOU KEEP ME UNDER NO SMELL. Si, dans la constante action déodorante et dans la digitalisation généralisée, il faisait déjà sens d'évoquer la perte de l'odorat en tant que pathologie mais aussi à titre de manque de contact humain, aujourd'hui, il semble difficile d'échapper à cette urgence". 
 

1 avril, april, aprile, April, aprile, abril 2021

Publié le 23 avril 2021 lors de la Limited Edition Art Fair, Villa Empain, Bruxelles

Cette édition présentée à l’occasion de la foire LEAF2021, est une boîte bleue marine dans laquelle se trouvent neuf séries de huit cartons colorés, sur lesquels sont imprimés en recto et verso seize titres différents apparus à la une des sites d’informations de quelques grands quotidiens européens (Le Monde, Repubblica, Correio da Manha, De Telegraaf, Frankfurter Algemeine Zeitung, The Guardian), belges (La Libre Belgique, De Standaard) et américain (New York Times), en date du 1er avril 2021. Cette date est celle du poisson d’avril, tradition printanière et bon enfant que la presse suit en général avec amusement, en glissant dans leurs informations authentiques du jour, des informations farfelues. Le jeu consiste donc ici à deviner, à la lecture des titres de ces grands médias, ce qui recouvre une réalité et ce qui relève de l’élucubration la plus totale. Pas simple en 2021 !

Hors d'oeuvre (Serendipity # 3)

Publié le 19 décembre 2020, Eté78, Bruxelles

Editeurs Septembre Tiberghien, Olivier Gevart

Graphisme Mélanie Berger

Pendant l’année 2020, trois numéros d’une publication nommée Serendipity sont publiés par le centre d’art Eté78. Chaque numéro prend pour point de départ un fait remontant à l’année 1978, qui est ensuite soumis à l’inspiration des artistes invités. Le troisième numéro a ainsi pour prétexte la mort du comte Georges Moens de Fernig le 16 août 1978, qui fut notamment l’organisateur clé de l’exposition universelle de Bruxelles, en 1958. L’œuvre imaginée en réaction à ce contexte bondissant de création prend la forme d’un texte nommé « Hors d’œuvre », prolongé d’une photographie du centre d’art Eté78, prise un soir d’août 2020. Le texte tente un examen hautement rationnel des données/contraintes de création, du lieu et de l’époque en laquelle elle doit naître. Il dresse le portrait rocambolesque d’un esprit en recherche obsessive de sens et de logique, qui tente de matérialiser son embarras sous la forme d’un objet tangible, qu’il ne parvient à représenter que sous l’image métaphorique d’une petite boule de porcelaine froissée, ectoplasme squattant sa psyché. En décembre 2020, à l’occasion d’une exposition concluant le projet éditorial, est présentée au public cette fameuse boule froissée, en chair et en os. Est-ce une relique du comte ? Un morceau de la vraie croix ? Ou une expression de notre existence physique en des temps hautement solitaires et numériques ?

Photos exposition : Regular Studio

Carton d'invitation et affiche de l'exposition "Support Act : La clé des champs", Botanique, Bruxelles,

Diffusé en janvier 2020

En regard de l'exposition "Support Act : La clé des champs" (Botanique, Bruxelles, 20.02-29.03.2020) sont édités une affiche et un carton d'invitation. Ce dernier consiste en une photographie des quartiers d'affaires au Nord de Bruxelles, prise de nuit depuis le pont du Botanique surplombant la voie rapide qui fait le tour du centre-ville. Où seuls surgissent dans l'image quelques enseignes et signes lumineux. Sur cette base imprimée, une singularisation est réalisée à la main sur les 2000 cartons envoyés par la poste, tenant en une perforation de motifs d'animaux ou de plantes, soudain propulsés en ce paysage urbain. L'affiche quant à elle montre une image où des restes de ces perforations tiennent dans une main: ce sont ici des lapins et lapines, emmêlés, s'entrechoquant, se bousculant, se côtoyant...

Protocole / Protocol

Editeur Christophe Veys

Novembre 2017

 

Le collectionneur et historien de l’art Christophe Veys mène un projet éditorial nommé Protocole/Protocol, dont le principe consiste à demander à des artistes de rédiger sur un certificat le scénario d’une oeuvre « à faire soi-même » par l’acquéreur. Invité à imaginer quelque chose dans ce cadre, la proposition contourne quelque peu les paramètres imposés, pour mieux y être fidèles. Au lieu d’une injonction claire à faire quelque chose, le texte du verso de chaque certificat se divise en deux paragraphes d’une sorte de roman en fragments (dont l’entierté de l’édition constituerait le corps entier, mais que le principe de la mise en vente par morceaux rend impossible à saisir). Au verso, par dessus la mise en page typographique conçue par le studio Valley The Valley, est imprimée sur chaque certificat une photographie par procédé sérigraphique. Les textes du « roman » constituent à leur manière l’instruction pour créer l’oeuvre, destinée à l’acquéreur. Plutôt qu’une parole directive, vient une parole d’observation. C’est donc plus le partage d’une observation sur le monde qui fait instruction. La photographie complète le partage d’observation. L’acquéreur ne peut choisir le fragment/l’image qui lui plaît le plus, mais se soumet plutôt à un tirage au hasard lors de l’achat; le hasard décidant quelle est la situation observée/le fragment/l’image les plus à même de parler à la personnalité du dit acquéreur. L’autorité de la relation entre l’auteur et l’acquéreur est par ailleurs atténuée par un jeu typographique supplémentaire, où dans la case du certificat « nom de l’artiste » figure des acronymes du nom initial, tous différents. Comme si l’auteur se diluait de la sorte en diverses entités.